
Vivre en mode automatique à Toulon : traverser les jours sans y être

Dhia-Dine Trabelsi
Psychanalyste · Toulon
Quand les jours passent sans que vous y soyez
Le réveil sonne. Vous vous levez, vous partez travailler, vous rentrez, vous dormez. Tout se fait, parfois très correctement, mais sans que vous soyez vraiment là. Comme si vous regardiez votre vie à travers une vitre.
À Toulon, la lumière, le port et le rythme de la ville donnent l'impression que la vie est partout, sauf en vous. Ce décalage est difficile à dire. Autour de vous, on entend que tout va bien, et vous ne savez pas quoi répondre.
Ce que décrivent souvent les personnes que je reçois
- Des journées qui se ressemblent, sans relief ni surprise.
- Un plaisir émoussé : ce qui comptait ne vous touche plus comme avant.
- L'impression d'agir par habitude, sans choisir.
- Une difficulté à nommer ce que vous ressentez, parfois à ressentir quoi que ce soit.
- Une culpabilité : je n'ai pas de raison de me plaindre.
Je ne pose pas de diagnostic, et cet article n'en propose pas. Ce détachement peut avoir des origines très différentes. Seul un professionnel de santé, un médecin notamment, peut évaluer ce qui se passe sur le plan médical.
Un mode automatique n'est pas un défaut de caractère
Certaines personnes trouvent qu'il s'est installé progressivement, après une période de surcharge, un deuil, un changement de vie, une déception. D'autres ne repèrent aucun événement précis. Il a parfois longtemps permis de tenir, ce qui explique qu'on ne le remette pas en question.
On peut très bien fonctionner et pourtant ne plus habiter ce que l'on fait.
Que vous le viviez depuis quelques semaines ou depuis des années, ce que vous éprouvez mérite d'être pris au sérieux. Vous n'avez pas besoin d'une raison « suffisante » pour vous autoriser à en parler.
Revenir à l'instant, puis chercher à comprendre
Avant toute réflexion, un petit exercice peut vous aider à remarquer ce qui est présent, même si c'est peu. Il ne règle rien à lui seul, mais certaines personnes le trouvent utile pour sortir un instant du pilotage automatique.
L'exercice des cinq minutes
Réglez un minuteur sur 5 minutes, asseyez-vous, les pieds à plat au sol, les mains sur les cuisses.
- 60 secondes : regarder. Repérez cinq objets autour de vous. Nommez-les intérieurement, sans commentaire (« une tasse, une lampe… »).
- 60 secondes : sentir les appuis. Portez l'attention sur vos pieds, votre dos contre la chaise, la température de l'air sur votre peau.
- 90 secondes : respirer. Inspirez par le nez en comptant 4 secondes, expirez lentement en comptant 6 secondes. Environ 9 cycles.
- 90 secondes : s'interroger. Demandez-vous : qu'est-ce qui est là, maintenant ? Accueillez la réponse, même si c'est « rien » ou « du vide ».
Pour finir, notez en une phrase ce que vous avez remarqué. Vous pouvez le refaire une fois par jour, sans chercher à ressentir quelque chose de particulier.
Ce qu'un espace de parole peut offrir
En psychanalyse, vous êtes invité à dire ce qui vous vient, sans avoir à le trier, à le justifier ni à le rendre cohérent. Je vous écoute sans chercher à vous corriger ni à vous donner une marche à suivre.
À travers cette parole, certaines personnes parviennent peu à peu à repérer ce qui a précédé ce détachement : une perte jamais vraiment dite, des exigences anciennes, une fatigue longtemps ignorée. Je ne peux rien promettre quant au résultat. Ce travail se fait à votre rythme, et peut s'articuler avec un suivi médical si votre médecin le juge utile.
Quand consulter ?
Vous pouvez envisager de consulter si vous vous reconnaissez dans ces situations :
- Vous agissez depuis des semaines, voire des mois, sans rien éprouver de ce que vous faites.
- Vous vous dites que vous devriez aller bien, et cela vous isole davantage.
- Vous n'arrivez plus à expliquer à vos proches ce que vous vivez.
- Vous avez le sentiment que votre vie se déroule sans vous.
Au cabinet, à Toulon, je vous propose un temps pour déposer cela, sans jugement et sans exigence de clarté. Vous n'avez pas besoin d'arriver avec des mots précis : chercher ensemble ces mots fait partie du travail.
Si vous vous sentez très mal, si votre sommeil ou votre appétit sont fortement perturbés, ou si des idées noires apparaissent, parlez-en rapidement à votre médecin. En cas de pensées suicidaires, vous pouvez appeler le 3114, numéro national gratuit, disponible 24 h sur 24.


