
Deuil et dépression à Toulon : quand la perte laisse un vide durable

Dhia-Dine Trabelsi
Psychanalyste · Toulon
Quand la tristesse ne s'estompe pas après une perte
Les semaines passent, l'entourage reprend le cours de sa vie, et vous avez l'impression de rester sur le seuil. Le matin pèse. Les gestes les plus simples demandent un effort inhabituel. Et une question revient : « Pourquoi n'est-ce pas derrière moi ? »
Je tiens à le dire d'emblée : il n'existe pas de calendrier du deuil. Chacun avance à son rythme, avec son histoire et ses liens. Un vide qui dure n'est pas une faiblesse, et il n'a pas à être justifié.
Ce que certaines personnes décrivent
Après une perte, des ressentis très variés peuvent apparaître :
- une fatigue que le repos ne soulage pas ;
- un sommeil perturbé, avec des réveils trop tôt ou des nuits agitées ;
- une perte d'intérêt pour ce qui comptait auparavant ;
- une impression que rien n'a plus vraiment de sens ;
- une irritabilité, ou au contraire un engourdissement des émotions ;
- une culpabilité diffuse : « J'aurais dû… »
Ces manifestations sont fréquentes dans les périodes de deuil. Elles ne permettent pas, à elles seules, de savoir ce que vous traversez : seul un professionnel de santé peut en évaluer la nature.
Une perte n'est pas toujours un décès
On parle surtout du deuil d'un proche. Pourtant, une séparation, la fin d'un emploi, un départ de la région, la maladie ou un rôle qui s'achève peuvent laisser la même sensation de manque. Parfois, la perte est ancienne et se réveille à l'occasion d'un événement récent.
Le vide n'est pas toujours le signe que quelque chose ne va pas. Il est parfois la forme que prend l'attachement, quand ce qui comptait n'est plus là.
À Toulon comme ailleurs, beaucoup de personnes s'efforcent de « tenir » pour ne pas inquiéter leurs proches. Si cela vous ressemble, sachez que vous n'avez pas à traverser cela seul.
Mettre des mots sur ce qui a été perdu
Dans mon cabinet, je constate souvent que la perte a été racontée aux autres sous une forme brève : « C'est la vie », « Je vais bien, merci ». Ce qui a réellement disparu, lui, reste sans mots. Or ce qui ne se dit pas continue parfois de peser en silence.
Ce que propose un espace d'écoute en psychanalyse
En tant que psychanalyste, je vous offre un espace de parole libre, sans jugement et sans urgence. Vous pouvez parler de la personne ou de la situation perdue, mais aussi de ce que cette perte a fait vibrer en vous : des souvenirs, des regrets, des colères, parfois des choses jamais dites.
Je n'ai ni solution toute prête ni échéance à vous imposer. Je vous écoute, j'observe ce qui revient, ce qui se répète, ce qui se tait, et je vous accompagne pour que ces éléments trouvent peu à peu une place dans votre récit. Certaines personnes trouvent que cela peut contribuer à alléger le sentiment d'être enfermé dans le vide.
Ce travail ne remplace pas un suivi médical lorsque celui-ci est nécessaire, et je ne peux promettre aucun résultat particulier.
Un exercice à essayer chez vous : la lettre de dix minutes
Cet exercice d'écriture est simple. Il n'a pas vocation à « régler » quoi que ce soit, seulement à donner une forme à ce qui manque.
- Installez-vous dans un endroit calme, assis, les deux pieds au sol, avec une feuille et un stylo.
- Réglez un minuteur sur 10 minutes.
- Commencez la phrase : « Ce que j'ai perdu avec toi, c'est… » (ou « avec cela »). Poursuivez sans vous relire, sans chercher à bien écrire.
- Si les mots manquent, répétez simplement la phrase de départ.
- Au signal, posez le stylo et faites 5 respirations lentes : inspirez 4 secondes par le nez, expirez 6 secondes par la bouche.
Vous pouvez recommencer sur 3 jours de suite, puis observer ce qui change, ou non. Si l'exercice fait monter une émotion trop intense, arrêtez-vous : c'est un signal à respecter, et un bon sujet à aborder avec un professionnel.
Quand consulter ?
Il est normal que le chagrin soit présent après une perte. Il peut être utile d'en parler à un professionnel de santé lorsque la souffrance s'installe et prend trop de place.
Vous vous reconnaissez peut-être dans l'une de ces situations :
- la tristesse dure depuis plusieurs semaines sans véritable répit ;
- vous avez du mal à travailler, à prendre soin de vous ou à voir vos proches ;
- vous vous sentez coupé de tout, comme si plus rien n'avait de sens ;
- vous tournez sans cesse autour des mêmes pensées, de la même culpabilité ;
- vous avez le sentiment que votre entourage ne comprend plus.
Si c'est ce que vous vivez, je vous reçois à Toulon pour un premier temps d'échange, à votre rythme. Vous pouvez aussi en parler à votre médecin traitant, qui pourra évaluer votre situation globale.
En cas de pensées sombres
Si des idées de mort ou de disparition vous traversent, ne restez pas seul. Appelez le 3114 (numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24) ou le 15 en cas d'urgence. Demander de l'aide est un acte de courage, jamais un signe d'échec.


