
Quand les vacances à Toulon deviennent source d'angoisse

Dhia-Dine Trabelsi
Psychanalyste · Toulon
Le paradoxe des vacances : quand le repos inquiète
Vous avez attendu ces vacances pendant des semaines. Et pourtant, dès les premiers jours à Toulon — la mer devant vous, le soleil, le temps libre —, quelque chose ne va pas. Une tension dans la poitrine. Une agitation sans objet précis. Peut-être même une attaque de panique sur la plage du Mourillon, là où tout le monde semble parfaitement détendu.
Ce vécu est souvent accompagné d'une honte silencieuse : « Je devrais être heureux. Qu'est-ce qui m'arrive ? »
Il est important de le dire clairement : vous n'êtes ni fragile, ni ingrat, ni bizarre. Ce que vous traversez a une logique interne, et elle mérite d'être entendue plutôt que combattue.
Ce que le cadre fait pour nous, sans qu'on le sache
Dans la vie quotidienne, la structure — les horaires, les tâches, les obligations — remplit une fonction psychique discrète mais réelle. Elle délimite le temps, oriente l'attention, donne un fil conducteur à la journée. Pour certaines personnes, ce cadre externe agit comme un contenant : il tient quelque chose à distance.
Quand ce cadre disparaît brutalement, comme c'est souvent le cas au début des vacances, ce qu'il contenait peut remonter à la surface. Non pas parce que les vacances sont dangereuses, mais parce que l'espace s'ouvre — et que cet espace peut être habité par des pensées, des affects ou des questions que le rythme du travail laissait peu de place à traverser.
« Ce n'est pas le repos qui angoisse. C'est ce que le repos laisse entendre. »
Ce que l'on observe fréquemment
Voici ce que certaines personnes décrivent dans ces moments :
- Une agitation intérieure qui ne correspond à rien de visible dans l'environnement
- Un sentiment de vide ou d'inutilité malgré l'absence d'obligations
- Des pensées intrusives qui surgissent dès que l'activité ralentit
- Une hypervigilance corporelle : on scrute ses sensations, on s'inquiète de sa propre tranquillité
- Parfois, une attaque de panique qui semble tomber du ciel, sans déclencheur apparent
Ces manifestations ne signifient pas que quelque chose « cloche » en vous. Elles signifient que quelque chose cherche à être entendu.
Ce que la psychanalyse observe dans ce phénomène
D'un point de vue psychanalytique, l'angoisse n'est pas un dysfonctionnement à supprimer — c'est un signal. Elle indique qu'un conflit interne, une question sur soi, ou un affect longtemps mis à l'écart tente de se frayer un chemin vers la conscience.
Le travail et ses contraintes peuvent, pour certaines personnes, fonctionner comme un évitement organisé : tant qu'on est occupé, on n'a pas à se confronter à certaines questions fondamentales. Qui suis-je en dehors de ce que je fais ? Qu'est-ce que je désire vraiment ? Qu'est-ce que j'évite depuis longtemps ?
Les vacances, en levant ce voile d'activité, peuvent rendre ces questions soudainement présentes — et leur présence peut être vécue comme menaçante avant d'être vécue comme libératrice.
Ce n'est pas une faiblesse : c'est une invitation
Il n'y a aucune raison de se juger pour cela. L'angoisse de vacances ne dit pas que vous êtes incapable de vous reposer. Elle dit peut-être que vous avez construit, au fil du temps, un rapport au monde fondé sur l'action, la performance, le contrôle — et que ce rapport a ses propres limites.
Reconnaître cela, c'est déjà un premier pas.
Un exercice pour traverser le moment d'angoisse
Si vous sentez l'angoisse monter — tension dans la gorge, cœur qui s'emballe, impression de danger sans objet — voici une pratique simple à essayer :
- Posez les deux pieds à plat sur le sol (ou le sable). Sentez le contact.
- Nommez cinq choses que vous voyez autour de vous, à voix basse ou mentalement.
- Inspirez lentement pendant 4 secondes. Retenez 2 secondes. Expirez pendant 6 secondes. Répétez 4 fois.
- Posez une main sur votre sternum et dites intérieurement : « Ce que je ressens est réel, et je n'ai pas besoin de le fuir. »
Cet exercice ne vise pas à faire disparaître l'angoisse, mais à modifier votre relation à elle — à ne plus la fuir comme une ennemie, mais à l'accueillir comme une information sur votre monde intérieur.
Certaines personnes trouvent que cette pratique régulière, associée à un espace de parole, leur permet progressivement de tolérer davantage l'incertitude et le vide — sans en avoir peur.
Quand consulter un psychanalyste à Toulon ?
Il peut être utile de consulter si vous reconnaissez l'un de ces signes dans votre expérience :
- Les vacances sont systématiquement anxiogènes, quelle que soit leur destination ou leur durée
- Vous ressentez une incapacité à vous reposer malgré une fatigue réelle
- Des attaques de panique surviennent dans des contextes de détente ou d'absence de structure
- Vous avez l'impression que votre valeur personnelle est liée à votre productivité, et que sans elle, vous ne savez plus très bien qui vous êtes
- Vous portez une honte ou une incompréhension face à votre propre vécu
Ces expériences ne sont pas des anomalies à corriger. Elles peuvent être l'entrée d'un travail sur soi profond et durable.
Ce que je propose
Je suis Dhia-Dine Trabelsi, psychanalyste à Toulon. Je reçois des personnes qui traversent des états d'angoisse, des attaques de panique, ou qui sentent que quelque chose en elles cherche à être compris — sans toujours savoir quoi.
Mon travail ne consiste pas à vous donner des réponses toutes faites, mais à créer un espace où votre parole peut se déployer librement, sans jugement. Ce que vous vivez pendant ces vacances a peut-être quelque chose à vous dire sur vous-même — et cela mérite d'être exploré à votre rythme.
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire, n'hésitez pas à me contacter. Un premier entretien ne vous engage à rien — il vous permet simplement de voir si cet espace vous convient.

