Crises d'angoisse au travail à Toulon : comment les traverser

Dhia-Dine Trabelsi
Psychanalyste · Toulon
Ce que vous vivez en pleine réunion
Vous êtes en réunion, tout semble normal — et puis quelque chose bascule. Le cœur s'emballe, la gorge se serre, vous avez du mal à respirer. Une pensée s'impose : et si je perdais le contrôle devant tout le monde ?
Ce que vous traversez à ce moment-là, c'est ce que l'on appelle une crise d'angoisse — ou attaque de panique. Elle peut surgir sans signe avant-coureur, parfois dans des situations qui ne semblent pas particulièrement menaçantes.
Les signes les plus fréquents
- Palpitations ou sensation que le cœur bat trop fort
- Souffle court, impression d'étouffer
- Vertiges, jambes qui flageolent
- Sensation de déréalisation — comme si vous n'étiez plus tout à fait là
- Peur intense de « craquer », de s'évanouir ou de mourir
Ces symptômes sont réels et intenses. Ils ne sont pas « dans la tête » au sens où ils seraient imaginaires. Ils sont dans le corps — et le corps, lui, ne ment pas.
« Ce n'est pas une faiblesse. C'est un signal que quelque chose, en vous, cherche à être entendu. »
Beaucoup de personnes qui vivent ces épisodes au travail n'en parlent à personne. Par honte, par peur d'être jugées, ou simplement parce qu'elles ne savent pas comment nommer ce qu'elles ressentent. Si vous vous reconnaissez ici, vous n'êtes pas seul.
Traverser la crise : ce que vous pouvez faire maintenant
Quand une crise d'angoisse survient, le premier réflexe est souvent de vouloir la faire disparaître au plus vite — ou de fuir la situation. Pourtant, résister à la crise peut parfois l'amplifier. Certaines personnes trouvent qu'accueillir ce qui se passe, sans chercher à le contrôler à tout prix, peut aider à laisser la vague passer.
Un exercice de respiration à essayer maintenant
Cet exercice peut être pratiqué discrètement, même assis à votre bureau :
- Posez les deux pieds à plat sur le sol. Sentez le contact avec le sol.
- Inspirez lentement par le nez en comptant jusqu'à 4.
- Retenez votre souffle 2 secondes.
- Expirez par la bouche en comptant jusqu'à 6 — plus lentement que l'inspiration.
- Répétez 5 à 8 fois, en portant toute votre attention sur le souffle.
L'idée n'est pas de « guérir » la crise avec cet exercice, mais de donner à votre système nerveux un point d'ancrage. Quelque chose de concret, ici et maintenant.
D'autres appuis possibles dans l'instant
- Nommer mentalement ce que vous voyez autour de vous : 5 objets, 4 couleurs, 3 sons.
- Poser une main sur le sternum et sentir votre propre chaleur.
- Si possible, sortir quelques minutes — l'air, le mouvement, le changement de décor peuvent aider.
Ces stratégies ne remplacent pas un accompagnement, mais elles peuvent vous aider à traverser le moment le plus intense.
Ce que ces crises peuvent révéler — et pourquoi en parler
Une crise d'angoisse au travail ne surgit jamais vraiment « de nulle part ». Elle s'inscrit souvent dans un contexte : pression accumulée, peur du regard des autres, sentiment de ne pas être à la hauteur, ou encore des tensions plus anciennes que le cadre professionnel vient réactiver.
La psychanalyse s'intéresse précisément à ce qui se joue en dessous — à ce que ces épisodes peuvent dire de votre histoire, de vos conflits intérieurs, de ce que vous portez sans toujours le savoir. Ce n'est pas une approche qui cherche à supprimer le symptôme, mais à comprendre ce qu'il exprime.
Ce que j'observe dans ma pratique à Toulon
Dans mon cabinet, je reçois des personnes qui ont souvent attendu longtemps avant de consulter. Elles ont essayé de « tenir », de rationaliser, de minimiser. Et pourtant, les crises revenaient — parfois plus fréquentes, parfois dans de nouveaux contextes.
Ce que nous explorons ensemble, c'est le sens de ces manifestations : quand ont-elles commencé ? Dans quel contexte ? Qu'est-ce qu'elles empêchent, ou au contraire, qu'est-ce qu'elles permettent ? Ces questions ne sont pas anodines. Elles ouvrent souvent sur des réponses que le patient ne soupçonnait pas.
« Le symptôme n'est pas l'ennemi. Il est parfois le seul langage disponible pour dire quelque chose d'essentiel. »
Quand consulter ?
Il peut être utile de prendre rendez-vous si vous vous reconnaissez dans l'un de ces points :
- Les crises se répètent et commencent à modifier votre comportement (éviter les réunions, le présentiel, certains collègues)
- Vous vivez dans la peur de la prochaine crise autant que dans la crise elle-même
- Vous ressentez une fatigue profonde à force de « faire comme si » tout allait bien
- Vous avez l'impression que quelque chose vous échappe, sans pouvoir mettre des mots dessus
Si vous êtes à Toulon ou dans ses environs, je vous reçois dans un cadre confidentiel et bienveillant. Vous n'avez pas à comprendre seul ce que vous traversez.


