
Peur de perdre le contrôle à Toulon : comprendre l'angoisse derrière

Dhia-Dine Trabelsi
Psychanalyste · Toulon
Ce que vous ressentez quand tout semble basculer
Vous êtes là, dans un moment ordinaire — dans les transports, au travail, chez vous — et soudain quelque chose change. Le cœur s'emballe, la respiration devient difficile, et une pensée s'impose avec une force troublante : "je vais craquer", "je vais devenir fou", "je ne vais plus pouvoir me contrôler".
Cette expérience est l'une des plus déstabilisantes que l'on puisse traverser. Non pas parce qu'elle est dangereuse en elle-même, mais parce qu'elle touche à quelque chose de fondamental : la confiance en sa propre solidité intérieure.
« Ce n'est pas la réalité qui fait peur, c'est l'idée de ne plus pouvoir y faire face. »
Ce que beaucoup de personnes décrivent, c'est une sorte de vertige intérieur. Pas un vertige physique — mais le sentiment que le sol psychique se dérobe. Les pensées s'accélèrent, le corps envoie des signaux d'alarme, et la peur de la peur elle-même s'installe.
Ce que le corps exprime à ce moment-là
Lors d'une montée d'angoisse intense, plusieurs sensations peuvent apparaître simultanément :
- Palpitations ou sensation de cœur qui s'emballe
- Souffle court, impression d'étouffer
- Engourdissements ou picotements dans les membres
- Dépersonnalisation : se sentir étranger à soi-même, comme spectateur de la scène
- Pensées intrusives qui semblent incontrôlables
Ces sensations sont réelles. Elles ne sont pas inventées, ni exagérées. Ce que je constate souvent dans mon travail, c'est que la honte d'avoir vécu cela s'ajoute à la détresse initiale — et c'est cette couche supplémentaire qui mérite d'être accueillie, pas minimisée.
Ce que cette peur dit de votre monde intérieur
La peur de perdre le contrôle n'est pas un caprice de l'esprit. Elle parle. Elle parle souvent d'une tension entre ce que vous portez et ce que vous vous autorisez à exprimer.
Dans de nombreuses situations que j'accompagne, cette terreur de "craquer" émerge chez des personnes qui ont longtemps tenu. Tenu leurs émotions, tenu leurs responsabilités, tenu face aux autres. Le contrôle, alors, n'est pas un défaut de caractère — c'est une stratégie qui a longtemps fonctionné, et qui montre aujourd'hui ses limites.
Pourquoi la peur de "devenir fou" est si fréquente
Cette pensée — "et si je devenais fou ?" — est l'une des plus communes lors des moments d'angoisse intense. Elle est si fréquente qu'elle est considérée comme l'une des manifestations typiques de certains états anxieux. Pourtant, le simple fait de se poser cette question est souvent le signe d'un esprit qui observe, qui réfléchit — et non d'un esprit qui "perd pied".
Ce qui se joue derrière cette peur, c'est souvent :
- Une surcharge émotionnelle que le psychisme cherche à signaler
- Un manque de repères intérieurs pour accueillir des états émotionnels intenses
- Une histoire personnelle où exprimer certaines émotions n'était pas possible ou sécurisé
Un exercice pour retrouver un appui immédiat
Quand la sensation de perte de contrôle monte, voici quelque chose que vous pouvez essayer — pas pour faire disparaître l'angoisse, mais pour vous donner un point d'ancrage :
L'ancrage en 5-4-3-2-1 :
- Nommez 5 choses que vous voyez autour de vous
- Touchez 4 surfaces différentes et remarquez leur texture
- Écoutez 3 sons distincts dans l'environnement
- Identifiez 2 odeurs (ou imaginez-en deux que vous aimez)
- Portez attention à 1 sensation physique agréable ou neutre dans votre corps
Prenez environ 30 secondes par étape. L'objectif n'est pas de calmer l'angoisse par la force — c'est de rappeler à votre système nerveux qu'il y a un ici et maintenant, concret et stable.
Quand consulter pour aller plus loin ?
Si vous vous reconnaissez dans ce que vous venez de lire — si cette peur de "craquer" revient régulièrement, si elle commence à organiser votre vie, si vous évitez certaines situations pour ne pas la déclencher — alors quelque chose mérite d'être entendu.
Ce n'est pas une question de gravité ou de faiblesse. C'est une question d'écoute.
Quelques signes qui peuvent inviter à consulter :
- Ces moments d'angoisse intense se répètent et semblent imprévisibles
- Vous avez commencé à éviter certains lieux, transports ou situations
- La peur de la prochaine crise est parfois plus envahissante que la crise elle-même
- Vous vous sentez seul avec tout cela, sans pouvoir en parler
Dans mon cabinet à Toulon, je reçois des personnes qui traversent exactement ce type de vécu. Mon approche psychanalytique ne vise pas à supprimer l'angoisse par une technique, mais à comprendre ce qu'elle exprime — ce qu'elle dit de votre histoire, de vos relations, de ce que vous portez sans toujours le savoir.
Cette compréhension, progressive et à votre rythme, peut contribuer à transformer le rapport que vous avez à ces moments — non pas en les effaçant, mais en leur donnant un sens qui les rende moins terrifiants.
Si vous souhaitez en parler, je vous invite à me contacter. La première étape, souvent, c'est simplement de mettre des mots sur ce que l'on vit.


