
Anxiété anticipatoire à Toulon : redouter avant que ça arrive

Dhia-Dine Trabelsi
Psychanalyste · Toulon
Quand l'esprit vit déjà le pire avant qu'il arrive
Le rendez-vous n'a lieu que dans trois jours, et pourtant votre ventre se noue déjà. Vous repassez la scène en boucle : ce que vous direz, ce qui pourrait mal tourner, les réponses que l'on pourrait vous faire. Quand le moment arrive, il est parfois bien plus calme que prévu, mais l'énergie est déjà dépensée.
Cette expérience est courante, et elle n'a rien d'une faiblesse. On parle d'anxiété anticipatoire pour décrire cette façon de redouter une situation avant qu'elle ait eu lieu.
Ce que les personnes décrivent
- Des scénarios catastrophes qui se déroulent dans la tête, parfois en pleine nuit
- Un besoin de tout prévoir, de vérifier, de préparer plusieurs plans de secours
- Des sensations dans le corps : gorge serrée, souffle court, nuque tendue, cœur qui s'accélère
- Une fatigue qui s'installe, comme si l'événement avait déjà été vécu plusieurs fois
- Des évitements : repousser un déplacement, décliner une invitation
Pourquoi c'est si épuisant
Anticiper peut être utile : c'est une façon de se préparer. Cela devient pesant quand la vigilance ne s'éteint plus. Le corps peut réagir à ce qui est imaginé presque comme à ce qui est réel, et rester en alerte sans pouvoir se relâcher.
À Toulon comme ailleurs, je rencontre des personnes qui redoutent un trajet, une réunion, un repas de famille, une annonce médicale, ou simplement « quelque chose » dont elles n'arrivent pas à nommer la forme. Parfois, l'objet de la crainte change sans cesse, alors que l'inquiétude, elle, demeure.
Une lecture psychanalytique : que dit cette attente ?
En tant que psychanalyste, je ne cherche pas d'abord à faire taire l'inquiétude. Je m'intéresse à ce qu'elle raconte de votre histoire. Il n'existe pas d'explication unique, et chaque parcours est singulier.
Quelques pistes de réflexion
Certaines personnes découvrent, au fil de la parole, que l'anticipation s'est construite à une époque où il fallait être prêt à tout : un climat familial imprévisible, une perte, un événement survenu sans prévenir. Prévoir le pire devenait alors une manière de ne plus être surpris.
D'autres repèrent une exigence très élevée envers elles-mêmes, où l'imprévu équivaut à l'échec ou au jugement d'autrui. D'autres encore ont du mal à supporter le « on ne sait pas encore ».
Ce sont des hypothèses, qu'on ne peut pas poser de l'extérieur. Elles prennent sens, ou non, quand vous les mettez en mots, à votre rythme.
Redouter à l'avance, c'est parfois chercher à maîtriser ce qui, par nature, ne se maîtrise pas.
Un exercice pour revenir à l'instant (3 minutes)
Certaines personnes trouvent que cet exercice aide à ramener l'attention dans le présent. Il ne remplace pas un accompagnement.
- Asseyez-vous, pieds à plat au sol, mains sur les cuisses.
- Repérez 5 choses que vous voyez, 4 que vous touchez (tissu, bois, sol) et 3 que vous entendez.
- Inspirez par le nez 4 secondes, expirez lentement par la bouche 6 secondes. Répétez 8 fois.
- Demandez-vous : « Que se passe-t-il, là, maintenant ? » et notez la réponse en une phrase.
Si l'exercice fait monter l'inconfort, interrompez-le et parlez-en à un professionnel.
Quand consulter ?
Il peut être utile de consulter un professionnel lorsque :
- l'inquiétude occupe une grande part de vos journées ou perturbe votre sommeil
- vous évitez des situations qui comptaient pour vous
- les sensations physiques (cœur qui s'emballe, souffle court, vertiges) vous alarment ou reviennent par vagues
- une petite voix répète : « Je n'en peux plus de tout prévoir »
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, mon cabinet à Toulon est un espace de parole sans jugement. Nous prenons le temps de comprendre le sens que cette anticipation a pour vous, à votre rythme, sans promesse de résultat ni protocole imposé.
En cas de douleur thoracique, de malaise soudain ou de symptômes physiques inhabituels, il est recommandé de consulter d'abord un médecin ou d'appeler le 15.


