
Nœud dans la gorge et oppression à Toulon : quand le corps parle

Dhia-Dine Trabelsi
Psychanalyste · Toulon
Quand le corps parle avant les mots
Une boule coincée au fond de la gorge, comme si avaler demandait un effort. Une poitrine serrée, un étau qui se resserre au moment le plus inattendu : dans les transports, devant un écran, au milieu de la nuit. Et pourtant, les examens ne montrent rien d'inquiétant.
Si cela vous parle, sachez que vous n'êtes pas seul à le vivre. À Toulon comme ailleurs, je reçois des personnes qui décrivent ces sensations avec les mêmes mots : « ça me serre », « ça ne passe pas », « je n'arrive pas à prendre ma respiration ».
Ce que l'on observe dans le corps
Lorsque l'anxiété monte, le corps se met en alerte. Certaines personnes remarquent :
- une gorge serrée, ou la sensation d'une boule qui gêne la déglutition ;
- une oppression thoracique, parfois comme un poids posé sur la poitrine ;
- une respiration plus courte, qui reste dans le haut du thorax ;
- des épaules remontées, une mâchoire contractée ;
- un cœur qui s'accélère.
On sait que le stress active le système nerveux et peut modifier le rythme respiratoire ainsi que la tension des muscles. Pourquoi telle personne ressent la gêne dans la gorge et telle autre dans le ventre reste, en revanche, difficile à expliquer avec certitude.
Quand les mots n'ont pas encore trouvé leur place
En tant que psychanalyste, j'écoute ce que le corps dit à sa manière. Il arrive qu'une émotion n'ait jamais pu être mise en mots : une colère avalée, un chagrin qu'il a fallu taire, une période où il fallait « tenir ».
Certaines personnes constatent que leurs sensations prennent un autre sens quand elles peuvent enfin en parler. Je ne dis pas que chaque oppression a une origine émotionnelle, ni que parler la ferait disparaître. Je dis simplement que la parole peut contribuer à mieux comprendre ce qui se joue, à votre rythme.
Le corps n'est pas un ennemi qui trahit. Il est parfois le premier à signaler ce que l'on n'a pas encore pu dire.
Un geste simple pour traverser l'instant
Ce qui suit ne remplace ni un avis médical ni un accompagnement. C'est un repère que certaines personnes trouvent apaisant quand la gorge se serre ou que la poitrine se contracte.
L'exercice de l'expiration allongée (environ 3 minutes)
- Asseyez-vous, les pieds bien à plat sur le sol, le dos légèrement appuyé.
- Posez une main sur le haut de la poitrine, l'autre sur le ventre.
- Inspirez doucement par le nez pendant 4 secondes, en laissant le ventre se gonfler sous votre main.
- Expirez lentement par la bouche, lèvres entrouvertes, pendant 6 secondes.
- Enchaînez 8 cycles, soit environ 80 secondes.
- Faites une pause de 30 secondes en respirant normalement, puis recommencez une ou deux séries.
Si des vertiges ou des fourmillements apparaissent, arrêtez l'exercice et revenez à une respiration naturelle. Il n'y a rien à réussir : l'idée est simplement de laisser l'expiration plus longue que l'inspiration.
Mettre des mots sur la sensation
Après l'exercice, prenez 1 minute avec un carnet. Complétez par écrit deux phrases :
- « En ce moment, dans ma gorge, je sens… »
- « Cette sensation est apparue quand… »
Inutile de chercher une cause ou une explication. Observer, avec des mots simples, suffit déjà. Certaines personnes remarquent, au fil des jours, des situations qui reviennent. Ces notes pourront aussi nourrir un échange avec un professionnel.
Quand consulter ?
D'abord, un avis médical
Une gêne dans la gorge ou dans la poitrine mérite toujours l'attention d'un médecin, afin d'écarter une cause physique. Appelez le 15 ou le 112 en cas de douleur thoracique intense, de douleur qui irradie vers le bras ou la mâchoire, d'essoufflement brutal ou de malaise.
Ensuite, un espace pour en parler
Une fois le bilan médical réalisé, il peut être utile de consulter un psychanalyste si :
- ces sensations reviennent régulièrement, sans explication médicale évidente ;
- la peur de ressentir à nouveau l'oppression pousse à éviter certains lieux ou certaines situations ;
- le sentiment de tout avaler, de ne jamais pouvoir dire, s'installe ;
- les nuits se raccourcissent et la fatigue s'accumule ;
- vous aimeriez comprendre ce que votre corps cherche à exprimer.
Dans mon cabinet à Toulon, je vous propose un temps de parole, sans jugement et sans précipitation. Vous choisissez ce que vous souhaitez aborder, et nous avançons à votre rythme. Si ce que vous venez de lire résonne avec votre quotidien, prendre rendez-vous peut être un premier pas.


